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Congrès à Paris : les maires du Doubs sont démotivés

  • Les élus du Doubs reçus au senat par les parlementaires
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Si une centaine d’élus sont venus pour le plaisir de retrouver d’autres collègues et avant tout chercher des idées de projets au salon (même s’ils n’auront pas forcément les moyens de les réaliser), agacement et lassitude se faisaient sentir, en premier lieu du fait de l’absence du président de la République.

« La démission collective récente de nombreux élus de l’Indre pour préserver une maternité ou celle de maires découragés par la complexité d’une fonction toujours plus chronophage et la pénurie de moyens témoignent, si besoin était, que ce mandat n’est pas « un plan de carrière » ni une sinécure, mais un dévouement et une passion qui peuvent cependant trouver leurs limites. Il faut donc un changement de cap rapide de la part de l’Etat dans plusieurs domaines. » François Baroin, le président de l’Association des maires de France (AMF) donnait le ton dans son éditorial paru dans le magazine des maires et des présidents d’intercommunalité avant même que démarre le 101e Congrès des maires, programmé du 20 au 22 novembre dernier.

Or de ce congrès, les maires doubistes comme les autres sont rentrés en grande majorité déçus. D’abord par l’absence du président de la République, mais pas seulement. « Le congrès s’est déroulé dans une ambiance assez morose avec beaucoup d’agacement, a ressenti Patrick Genre, président de l’Association des maires du Doubs (AD 25). Les élus attendaient et attendent toujours des signes de considération et de respect. » Pour le maire de Pontarlier, leur lassitude est ressortie. « Le fait de ne pas venir, d’inviter 2 000 maires sur 8 000 à l’Elysée, a été très mal perçu, qu’Emmanuel Macron fasse son congrès chez lui a été très mal vécu. »

Des Doubistes à L’Elysée

Patrick Genre faisait partie des plus de deux mille maires qui ont eu l’occasion le mercredi soir d’être reçus à l’Elysée pour entendre le discours du président de la République, disponible pour répondre ensuite au jeu des questions-réponses. « J’ai accepté d’y aller après beaucoup d’hésitation, explique-t-il. Mais je respecte la fonction présidentielle, je représentais l’association et je voulais entendre ce qu’il avait à dire. Mais je ne cautionne pas le choix qui a été fait. »

Pour la clôture du congrès, François Baroin a refait la liste des difficultés auxquels les maires sont aujourd’hui confrontés : l’irrespect avec le hashtag « balance ton maire », le fait de parler de « clientélisme » pour les emplois aidés, la contribution de 13 milliards d’euros sur la mandature imposée aux collectivités dans le cadre de la réduction de la dette publique, les ressources supprimées à l’Agence de l’eau… « On veut avoir des réponses précises sur la compensation de la taxe d’habitation », ajoute encore Patrick Genre.

« Les maires n’ont aucune envie d’être en face-à-face. Ils ont envie d’être côte à côte, au quotidien, du préfet, des services de l’Etat », a encore affirmé le président de l’AMF. Même discours du président de l’AM 25 : « Les élus ne sont pas contre les évolutions – ce serait de l’immobilisme – mais elles doivent être concertées, souhaitées et non subies, basées sur de vrais projets… »Emmanuel Macron n’a aujourd’hui pas d’autre choix que de rétablir les liens avec les élus s’il veut constituer des alliances électorales aux municipales. C’est une question de survie politique.

La crise des vocations guette

Que feront les maires en 2020 ? Ces maires qui n’échappent pas totalement au grand désaveu démocratique, dont le taux de confiance des Français baisse, dont la figure d’autorité de premier personnage de la commune a disparu pour une portion de la population… La crise des vocations guette. Le président de l’Association des maires du Doubs annonce comme son homologue du Jura que plus de 50 % des maires de son département ne se représenteront pas. « Ils se sentent accusés, vilipendés alors que la majorité sont des bénévoles et veulent faire avancer l’intérêt général », rappelle Patrick Genre, qui constate que beaucoup de ses collègues sont « démotivés ». « Si on casse la relation maire-citoyen, on casse ce qui a fait notre histoire et ce qui fait notre nation. » Et de s’interroger : y aura-t-il des candidats dans chaque commune en 2020 ? « Les élus attendent plus que des paroles, des actes ! », conclut le président de l’AD 25.


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